Destination : Bevaix (site clunisien) – 08.04.2021

Dans le contexte actuel limitant nos déplacements, je vais entreprendre plusieurs séries de périples en Suisse et à moto relativement à des lieux emblématiques d’histoire en Suisse. Ces périples donneront lieu à des reportages photos. Une de ces séries sera consacrée à des sites clunisiens reconnus en Suisse1. Ma première destination dans cette série a été, le jeudi 8 avril, pour le site du Prieuré Saint-Pierre de Bevaix (NE). Moteur !
Avant de présenter le site du Prieuré Saint-Pierre de Bevaix (NE), quelques indications « techniques » relativement à ces reportages et à cette série sur les sites clunisiens reconnus en Suisse.
Pour ces reportages, j’allie le principe de mes roadbooks à moto. Les photos seront réalisées avec mon Pentax K-1 et principalement sur trépied.

L'équipage du jour avec le matériel photo à l'arrière.
L’équipage du jour avec le matériel photo à l’arrière.

Pour l’identification des sites clunisiens reconnus et les informations les concernant, je me base principalement sur deux sites forts utiles :
– Les chemins de Cluny en Suisse : https://viacluny.ch/les-chemins-de-cluny-en-suisse/
– L’encyclopedie numerique de Cluny et des sites clunisiens : http://www.clunypedia.com/


Sur la carte ci-dessus, vous pouvez identifié la localisation du Prieuré et des vignes afférentes en bas à droite en rouge. Au centre du village (11), vous disposez également de la localisation du Temple, réutilisant des éléments de l’ancien prieuré.

Ancien Prieuré de Bevaix

Concernant le Prieuré Saint-Pierre de Bevaix (NE), celui-ci trouve son origine en 998, lorsque Rodolphe – peut-être avoué à la cour de Bourgogne – donne à Cluny une petite église avec un ensemble de terres, près de Neuchâtel, le long de la rive nord du lac du même nom.


Le prieuré est solidement doté : dix domaines agricoles et quarante serfs avec leurs familles. Vers 1120, il est placé sous la dépendance du prieuré de Romainmôtier, à 42 km de là. Il mène aux XIIe et XIIIe s. une existence modeste tournée vers l’administration de ses domaines. L’église prieurale, reconstruite à la fin du XIIe s., est séparée par un mur intérieur : aux moines le chœur et aux paroissiens la nef. Mais à partir du siècle suivant, le prieuré n’abrite plus qu’un seul moine, voire aucun. Le 22 avril 1531, avec la Réforme, le prieur perd son pouvoir d’administration ; le 30 avril, il est remplacé par un laïc. Le prieuré est sécularisé. Ses revenus forment désormais la seigneurie de Bevaix.

L’ensemble prieural de Bevaix fut démantelé au cours du XVIIe s. et son église remplacée par une grange. Ne comportant plus que quelques pans de mur des bâtiments originels, il est aujourd’hui propriété du Conseil d’Etat neuchâtelois (gouvernement cantonal), lieu de réceptions occasionnel.

Le prieuré lui-même est démantelé à la demande des paroissiens au profit d’un temple dans le village lui-même. Ce temple réutilise de nombreux éléments de l’ancien prieuré. Le temple est situé au centre du village et au bord (vraiment) de la route cantonale.

La fiche complète (clunypedia) sur le site du Prieuré Saint-Pierre de Bevaix : http://www.clunypedia.com/sites/suisse/bevaix

Le roadbook : La Tour-de-Peilz – Forel – Mézières – Peney-le-Jorat – Ependes – Mathod – Vuiteboeuf – Sainte-Croix – Fleurier – Couvet – Bevaix – Neuchâtel – Avenches – Grolley – Romont – Semsales – La Tour-de-Peilz

Chasseur de cols : Schallenberg, Glaubenberg, Glaubenbielen, Lüderenalp et Belpberg (10.07.2020)

Changement de programme au départ ce matin. Les orages prévus dans les Alpes du côté de Brig et d’Andermatt m’ont amené à choisir de rejoindre l’Entlebuch et l’Emmenthal. Au final, 5 cols auront été au programme. C’est pas mal aussi 😉

Le parcours du jour :

Retrouver le parcours : https://rider.live/p/Qt1iwhq1
Retrouver le parcours : https://rider.live/p/Qt1iwhq1

Il est 9h30 quand je rejoins Guin par l’autoroute, histoire de ne pas prendre trop de retard. Je choisis ensuite un parcours de transition que j’apprécie particulièrement : Galmiz, Oberbalm, Zimmerwald et Kehrsatz.

J’adore passer dans le paisible village de Zimmerwald, lieu en 1915 d’une conférence et d’un manifeste mémorables de socialistes européens où participèrent notamment Lénine et Trotsky à l’initiative du Suisse Robert Grimm. Conférence dont le paisible village eut de la peine à se remettre pendant longtemps… (à lire : Zimmerwald, berceau de la révolution russe | Swissinfo)

A Kehrsatz, le temps est venu d’une pause café. Le soleil et la chaleur sont au rendez-vous. Il est 11h00. Après la pause café, il est temps de rejoindre le premier col de la journée avec le Schallenberg haut lieu de passage des motards du coin et de tous ceux qui passent en direction de l’Entelbuch et du lac des Quatre-Cantons. Ou qui en reviennent…

Après un bref arrêt au Schallenberg, il est temps de rejoindre l’Entlebuch et le deuxième col de la journée. Il est 13h08 quand j’arrive au Glaubenberg que vous pouvez rejoindre depuis Entlebuch ou Sarnen. Mon premier contact avec ce col n’a rien d’une aventure motocycliste, mais à l’occasion d’un cours de répétition (service militaire). Le cadre est toujours aussi sauvage.

J’en profite pour manger mon picnic. Rapidement, quelques gouttes de pluie tombent, puis la pluie s’accélère. Une brève averse laisse à penser que le temps se détériore. Mais il n’en est rien, c’est un nuage de pluie qui a vite fait de passer. Le soleil revient immédiatement derrière.

Je redescends ensuite du côté de Sarnen. Le paysage laisse découvrir le lac du même nom et les montagnes aux alentours où le ciel est bien noir et la pluie bien présente. Avant Stalden, je bifurque à droite pour rejoindre Oberwilen. Je suis à flanc de coteau et je surplombe le lac de Sarnen avant de rejoindre Giswil et emprunter la route panoramique pour rejoindre le Glaubenbielen Passhöhe, troisième col de la journée, qui me ramène à Schüpfheim et en Entlebuch. A la sortie de Giswil, la route est détrempée. Le pluie m’a précédé. Je passe entre les gouttes, comme tout long de l’après-midi… 

A Schüpfheim, histoire de continuer ma journée, je reprends en direction d’Entlebuch. J’ai dans l’idée de rejoindre Wasen in Emmenthal, par des petites routes, pour rejoindre ensuite Lüdernalp, puis Langnau.

A Menznau, j’oblique à gauche en direction de Menzberg. Ce sera ma première découverte du jour. Je zigzague sur les crêtes et dans un paysage surplombant les alentours. Magique. Avant d’arriver à Menzberg , qui est un cul-de-sac, je redescends en direction de Schülen, puis Willisau. J’y arrive à proximité de la vieille ville. Je prends l’engagement d’y faire étape une prochaine fois. A Käppelimmatt, peu après Willisau, je continue ma découverte enchanteresse des environs et je rejoins Breiten, Hergiswil, Hofstatt, Eriswil et enfin Wasen in Emmenthal. Splendide découverte. Je ne peux que vous inciter à découvrir ces collines et ces crêtes. Le panorama vous éblouira.

Panorama sur les Alpes bernoises depuis la terrasse de Hôtel Bärnsicht à Lüderenalp
Panorama sur les Alpes bernoises depuis la terrasse de Hôtel Bärnsicht à Lüderenalp

A Wasen in Emmenthal, j’entreprends l’ascension de mon quatrième col du jour pour rejoindre Lüderenalp avec l’intention de rejoindre ensuite Langnau. Malheureusement, arrivée Lüderenalp, la route est bloquée en raison de travaux. J’en profite néanmoins pour faire une pause bienvenue sur la terrasse de l’Hôtel Bärnsicht. Je vous recommande cette superbe terrasse et la vue sur les alentours.

Je redescends ensuite sur Wasen in Emmenthal. Je me décide ensuite de rejoindre Affoltern in Emmenthal, via Weier in Emmenthal, puis je prends direction Häsle et Münsingen (Munisenges en français). Ce parcours de transition est agréable. Mon objectif en rejoignant Munsingen consiste à entreprendre le dernier col de ma journée avec le Belpberg. Il me faut pour cela franchir l’Aar et entreprendre une montée fort escarpée, dans un premier temps, à travers la forêt. A Münsingen, il me faut zigzaguer quelque peu dans des rues résidentielles avant de trouver un pont fort étroit. Il me donne l’impression de franchir, toute proportion gardée, l’Amazone pour m’engouffrer dans la forêt amazonienne. Pas besoin de parcourir des milliers de kilomètres pour avoir l’impression de partir à l’aventure… Ce sera la deuxième découverte du jour avant de rejoindre Belpberg et de redescendre ensuite vers Toffen, puis suivre Riggisberg, Ruschegg, Riffenmatt et Le Mouret.

Au Mouret, je prends une dernière décision. Ce sera le barrage de Rossens. Une descente à travers la roche qui a un petit air de montagne du Colorado. Après un arrêt après le barrage, il est temps d’entreprendre le dernière étape et de rentrer à la maison.

Au final, avec les détours, 494 km parcourus, 9 heures environ sur la moto et 1h52 de pauses. Une journée bien remplie et passionnante.

Roadtrip en Emmenthal : Blapbach & Lüderenalp (12.06.2020)

En ce vendredi 12 juin, la journée s’annonce être la plus belle de la semaine et même du week-end. L’objectif du matin est de mettre le paquet pour terminer le travail de la semaine et prendre mon après-midi. Objectif atteint. Je peux alors profiter de cette journée pour rejoindre à moto la région de l’Emmenthal. Moteur et gaz !

Une fois le pique-nique préparé, il est alors temps de monter sur CaptainAdventure et de partir en direction de l’Emmenthal pour découvrir ou redécouvrir des petites routes qui font le charme de cette région.

Après un petit échauffement pour rejoindre Châtel-St-Denis, je prends l’autoroute jusqu’à Rossens. Direction ensuite, le barrage de Rossens où la faim me tenaillant je m’arrête pour pique-niquer.

Je poursuis ensuite en direction du Mouret, de Guggisberg, de Rueschegg et de Wattenwil. Je m’arrête au Café 44 pour un espresso. Il commence à faire chaud (28° degrés).

Après Thoune et Steffisburg, j’entreprends la partie sympathique de la journée en rejoignant le Schallenberg, paradis des motards de la région.

Mais il s’agit pour moi de rejoindre Eggiwil où m’attend mon premier objectif du jour avec la petite route qui conduit à Blapbach.

L’Emmenthal n’est pas seulement un fromage plein de trous, mais surtout une région très vallonnée qui offre à chaque fois à ses sommets des points de vue imprenables sur les Alpes.

La route est étroite et technique depuis Eggiwil, mais elle en vaut largement la peine. En arrivant à Blapbach que je découvre pour la première fois, je ne suis pas déçu. Le paysage est magnifique sur 360° degrés. Un bon plan pour les photos.

J’en profite également pour me désaltérer avant de redescendre en direction de Truschachen et retrouver le réseau des routes principales.

Flèche ensuite à gauche pour rejoindre Bärau, juste avant Langnau, et mettre la flèche à droite en entreprendre la grimpée sur Lüderenalp. J’ai déjà eu l’occasion deux fois de rejoindre Lüderenalp, mais dans l’autre sens.

Le début de la montée est plutôt roulante et facile, puis la déclivité augmente, la route se rétrécit et la montée devient également plus technique. Rien de trop difficile.

Juste avant l’hôtel trônant à Lüderenalp, je m’arrête pour profiter du paysage versant sud. Magnifique.

C’est l’heure des quatre-heures et de finir mon pique-nique.

La descente sur Wasen in Emmenthal serpente à travers la forêt. La route est relativement dégradée et pleines de petits travaux.

A partir de Wasen, il est temps d’entreprendre le trajet du retour. Il me reste quelques petites perles à découvrir ou redécouvrir en passant par de petites routes.

Il en est ainsi de Moosegg où j’en profite pour boire un café en terrasse ou de Zimmerwald.

Pas besoin de partir au bout du monde, pour avoir l’impression de partir à l’aventure et à la découverte de terres inexplorées, le réseau routier suisse offre bien des occasions d’être régulièrement et heureusement surpris.

Je rejoindrais ensuite Guin et l’autoroute jusqu’à Vaulruz avant de rentrer bien heureux à la maison. Entre-temps, la nuit sera tombée.

La galerie des photos de mon Roadbook 2020 : https://lyonelk.smugmug.com/Travel/Roadbook-2020

tags : roadbook, roadtrip, moto, BMW, 1200GS Adventure, Suisse, Emmenthal

Roadtrip déconfiné : Les Ecorcheresses & Weissenstein Pass (17.05.2020)

Une semaine après le Gurnigel et le JaunPass, nous sommes passés du confinement au semi-confinement. Désormais, sous certaines conditions, les restaurants sont ouverts. J’en reste néanmoins à la formule pic-nique pour cette nouvelle sortie. Après les Préalpes, je me rends sur les contreforts jurassiens. Au programme du jour, deux cols qui font partie du concours des cols de la FMS : Les Ecorcheresses près de Moutiers et le Weissenstein Pass au-dessus de Soleure. En route pour ce premier roadtrip déconfiné.

Après une semaine de temps de Saints de glace, le soleil est de retour en ce dimanche 17 mai, accompagné d’une légère bise. Mon idée est de découvrir de nouveaux cols. Pour m’aider je dispose du concours des cols de la FMS. Pour changer des Préalpes, je me décide pour me déplacer du côté du Jura et mon choix se porte sur Les Ecorcheresses près de Moutiers et le Weissenstein Pass au-dessus de Soleure.

Je planifie mon parcours avec Google Maps et je pars en compagnie de la carte de la Suisse romande (1:200’000 en version plastifiée) des éditions Hallwag. Voici donc (approximativement) le parcours du jour : https://goo.gl/maps/1Y9qtnmY25oEMbBF8

Il est 10h45 quand je démarre en direction de Morat, via la A12 et Fribourg. La température est encore relativement fraîche (14°) et le restera toute la matinée. Elle ne dépassera pas les 18,5°.

Le début de la partie intéressante débute à Cornaux où je rejoins Dombresson et le Val-de-Ruz via Enges et Chaumont. Je grimpe à travers a forêt tout en contemplant succinctement la magnifique vue depuis Enges sur le lac de Neuchâtel.

Je rejoins ensuite Les Reussilles via le Mont Crosin (1227m). Je m’y arrête pour le pic-nique. Juste à côté de la bifurcation pour Bellalay.

Pendant cette pause repas, j’ai plus que le temps d’observer le bal des motos qui passent, bifurquent soit pour se rendre du côté de Sainnelegier ou au contraire se rendre du côté du Mont Crosin, voire encore passer par Tramelan. De leur côté, les voitures sont minoritaires et elles le seront toute cette journée dans le Jura.

Concours des cols 2020 : 49 Les Ecorcheresses, alt. 913m (Soucoz-Perrefite)
Concours des cols 2020 : 49 Les Ecorcheresses, alt. 913m (Soucoz-Perrefite)

De Bellalay, je rejoindrais ensuite Sornetan pour prendre ensuite la route menant aux Ecorcheresses. Rien de très exceptionnel entre nous. Je rejoins ensuite Perrefite, collé à Moutiers.

Est-ce le début d'une belle saison ?
Est-ce le début d’une belle saison ?

Depuis Moutiers, le parcours devient plus sympa. Je me dirige d’abord en direction de Crémines, puis Gänsbrunnen.

Après Gänsbrunnen, je bifurque à droite en direction du Weissenstein Pass.

Concours des cols 2020 : 98 Weissenstein, alt. 1279m (Gänsbrunnen - Oberdorf)
Concours des cols 2020 : 98 Weissenstein, alt. 1279m (Gänsbrunnen – Oberdorf)

Le Weissenstein Pass est sans contexte le point le plus digne d’intérêt de ma journée. Dès la bifurcation, la montée vers le col débute immédiatement. La route est étroite et nous grimpons essentiellement à travers la forêt. A certains endroits la pente est de 15%. Les derniers virages sont serrés et nécessitent, plus particulièrement pour les voitures, un doigté certain. Arrivé au sommet culminant à 1279m, la descente est immédiate. Elle est encore plus pendue que la montée (22%) et je rejoins Soleure.

Une pente de 15% depuis Gänsbrunnen et 22% pour la descente vers Soleure.
Une pente de 15% depuis Gänsbrunnen et 22% pour la descente vers Soleure.

A partir de Soleure, la température dépasse les 20°. Il est temps de m’arrêter et d’enlever (enfin) mon pull.

Pour le retour à La Tour-de-Peilz, je prends le parti de rejoindre Krauchtal, via Lyssach, puis Berne. J’aime bien cette route qui serpente depuis Lyssach. La campagne bernoise dans toute sa splendeur jusqu’à Berne.

Comme à chaque fois, je me dispenserai bien de la traversée de la ville de Berne. Je rejoins ensuite Flammat et l’autoroute jusqu’à Matran. La route redevient agréable en direction de Romont, puis Vaulruz et Châtel-St-Denis. Il est 18h23 lorsque je mets pieds à terre à La Tour-de-Peilz.

Au final, cette journée marque le « vrai » début de la saison et j’ai retrouvé mes sensations en fin de journée.

En temps de pandémie : Gurnigel et Jaunpass à moto (10.5.2020)

Je crois bien que c’est la première fois que j’ai attendu quasiment mi-mai pour franchir à moto mes premiers cols de l’année. Encore un effet de la pandémie comme si encore il nous fallait une nouvelle preuve que cette année 2020 devait être particulière.

En ce dimanche 10 mai, le départ a lieu un peu avant midi, direction Châtel-St-Denis, puis autoroute jusqu’à Bulle. A la sortie de Bulle, l’objectif est de rejoindre Zollhaus pour m’engager ensuite en direction du Gurnigel. Cela fait bien longtemps que je n’ai pas pris cet itinéraire. Je me souviens de la première sortie en 2010 avec BlackPearl et de la glace et de la neige encore présentes au bord de et sur la route.

Ce dimanche marque également le dernier jour de la fermeture des établissements publics. A partir de demain, ils pourront rouvrir sous conditions dont celle de composer des tables de quatre personnes au maximum et de faire respecter la distanciation sociale (2 mètres) entre les tables. Nous sommes en quelque sorte à la fin d’une ère particulière qui a duré huit semaines.

En traversant Le Pont ou Le Mouret, les effets de la pandémie sont évidents, même pour un dimanche. Alors que nous sommes le dimanche de la Fête des mères, la succession de café-restaurants fermés donne une impression, à chaque fois, de villes ou villages quasiment fantômes.

Cependant l’auberge de la Croix-Blanche au Pont vend des repas à l’emporter, via un guichet. Devant ce dernier, les clients sont sagement alignés les uns derrière les autres en respectant les deux mètres de distance. Le même scénario se répète devant les boulangeries ouvertes ce dimanche.

Nos vies ont basculé et changé très fortement en huit semaines. De nouvelles habitudes sont prises. Ces scènes sont devenues celles du quotidien. D’apparence tout paraît normal. Et en fait, il n’en est rien. Il faudra cependant s’y faire pour un bon moment encore.

Il fait déjà chaud, mais la pluie est annoncée pour l’après-midi. Plus je monte en direction du Gurnigel, plus la température baisse et le ciel s’obscurcit de nuages.

Sur la route, je rencontre peu de voitures, mais passablement de motos. Probablement un effet de la météo et de la pandémie.

Au sommet du Gurnigel, peu de voitures parquées et aucune terrasse ouverte, contrairement à d’habitude. Seules les motos sont relativement en nombre. Devant le restaurant Berghaus, la rubalise barre l’entrée fermée de l’établissement. Qu’en sera-t-il à partir de demain ?

Je redescends en direction de Thoune, puis je rejoins la route pour Zweisimmen. Dans la vallée, je m’arrête vers 13h45 pour une collation. Là, aussi la situation est nouvelle. Il faut désormais être autonome. Le cas échéant, il faut même penser prendre avec soi son papier de toilette. Là aussi il faut prendre de nouvelles habitudes. Qui vont durer malgré la réouverture des café-restaurants.

Je me suis d’ailleurs arrêté juste à côté de l’un d’eux. A l’intérieur, le patron s’affaire en prévision de la réouverture. La terrasse est prête. Les tables de quatre personnes sont bien espacées. Devant l’entrée, des affiches de couleur jaune indiquent les nouveaux horaires du restaurant et fournissent également des informations aux clients. Devant la diminution du nombre de couverts, il sera désormais nécessaire de réserver pour avoir une table, mais il ne sera pas possible de choisir sa table au moment de la réservation. Les clients seront placés à leur arrivée. Cette situation usuelle dans les établissements québécois ne l’est pas chez nous. Elle va le devenir durablement.

Chacun visiblement tâtonne et essaie de prendre ses marques.

Un peu avant deux heures, je reprends la route en direction du col du Jaun. A nouveau la circulation n’a rien à voir avec les dimanches d’avant. Toujours peu de voitures, peu de gens dehors dans les rues et passablement de moto en groupe. Même les vélos sont rares. La montagne nous appartient.

Petit arrêt au sommet du col du Jaun. Deux motos sont arrêtées. La mère, le père et le fils sont de sortie. Je m’arrête en respectant la distance sociale. Les motos suivantes qui s’arrêteront feront de même. Alors que généralement les motards parlent volontiers entre eux et se mélangent, là également les règles évoluent et c’est bizarre.

Le temps de manger une banane et de boire de l’eau et il est temps de reprendre la route. A 15h45, je mets définitivement pied à terre devant chez moi. Cette première sortie en montagne en temps de pandémie prend fin. Il faudra s’y faire et notamment le fait que les frontières sont actuellement fermées. Une bonne occasion de rester centré sur les cols suisses. Ils n’en manquent pas : https://www.motofun.ch/paessefahren.html

A suivre…