La quatrième saison de The Crown – Au-delà du service public

Comment expliquer la polémique autour de la dernière saison de The Crown ? Pourquoi chercher à distinguer le faux du vrai alors que toute fiction audiovisuelle à univers historique consiste à réécrire l’histoire en des termes (un langage, une esthétique, une mise scène) qui lui sont propres ? Pourquoi faire, dans ce cas précis, le procès de la fictionnalisation de l’histoire ?

Affiche Netflix de la saison 4 de The Crown (2020)

Par Mireille Berton, Section d’histoire et esthétique du cinéma de l’Université de Lausanne, décembre 2020. Extrait.

« au lieu de se demander si la série trahit la « vérité » historique (en soit inatteignable dans l’absolu), il conviendrait de se demander pourquoi l’équipe de production choisit de reproduire cette version de l’histoire où Lady Di est dépeinte comme la victime expiatoire de la famille royale qui l’aurait instrumentalisée à son profit. Cette question me paraît en effet plus pertinente que de se demander si elle lègue une vision déformée de l’histoire récente aux jeunes générations (on devrait plutôt se soucier que celles-ci connaissent l’histoire de la Seconde Guerre mondiale ou de la colonisation… ). »
A retenir plus particulièrement sur la fiction historique et l’enseignement de l’histoire :
« Comme l’observe à juste titre Ioanis Deroide, le but des fictions historiques n’est pas de reproduire parfaitement un fait historique avéré, mais d’être convaincantes visuellement, de manière à entraîner une immersion « sensorielle » dans l’histoire ; et c’est à ce titre qu’elles proposent une histoire complémentaire aux manuels scolaires et aux ouvrages académiques. »

A méditer donc pour les enseignant relativement à l’usage de ces matériaux en classe d’histoire et de l’enquête à mener à leur sujet par les élèves.

En effet, pour Mireille Berton, The Crown, saison 4 implique

« la nécessité de s’interroger non pas sur les écarts pris par la fiction vis-à-vis de la « réalité » historique, mais sur les raisons qui motivent ces écarts, en ce qu’ils questionnent la manière de mettre en récit, en scène et en image l’histoire. »

A lire : La quatrième saison de The Crown – Au-delà du service public

Les archives numériques de Dorothea Lange : plus de 600 photographies (plus des négatifs, des planches de contact et plus encore)

À partir du début des années 1930, l’Amérique a connu une crise économique qui a duré près d’une décennie : la Grande Dépression. Jusqu’alors, Dorothea Lange avait été une photographe portraitiste à succès. Mais les événements de l’époque l’ont incitée à quitter la sécurité de son studio pour créer des images puissantes de personnes en crise – réfugiés du “dust bowl”1, travailleurs migrants et sans-abri urbains. Par ses photographies, Lange espérait sensibiliser les gens à leur souffrance et à la nécessité d’une aide gouvernementale.

Peu avant sa mort en 1965, l’une des plus célèbres photographes du New Deal, Dorothea Lange, s’est exprimée à l’université de Berkeley. “Quelqu’un m’a montré des photos de travailleurs agricoles migrants qu’ils venaient de prendre”, a-t-elle déclaré. “Elles ressemblent à ce que j’ai fait dans les années 30.”


Migrant Mother, Nipomo, California
Nipomo, 1936. Lien: https://dorothealange.museumca.org/image/migrant-mother-nipomo-california-5/A78.124.102a/

Nous pouvons voir les mêmes conditions que celles que Dorothea Lange a documentées près de 60 ans plus tard, de la pauvreté de la dépression à l’internement et à la diabolisation des immigrants. Seuls les vêtements et l’architecture ont changé. Son travail ne pourrait pas être plus pertinent par rapport à ce qui se passe aujourd’hui”, déclare Linda Gordon, biographe de Lange.
La pauvreté et l’inégalité sont les grands thèmes de Lange qui croyait au pouvoir de la photographie pour faire changer les choses pour Erin O’Toole, conservateur associé de la photographie au Musée d’art moderne de San Francisco.


Saturday afternoon in summer on an Arkansas delta plantation
Arkansas, 1938. Lien : https://dorothealange.museumca.org/image/saturday-afternoon-in-summer-on-an-arkansas-delta-plantation/A67.137.38223.1/

Aujourd’hui, plus de 600 scans haute résolution sont disponibles en ligne dans la nouvelle archive numérique Dorothea Lange de l’Oakland Museum of California (OMCA), qui “contient également des planches de contact, des négatifs de films et des liens relatifs aux matériaux comme ressources supplémentaires pour les nombreux conservateurs, universitaires et grand public qui accèdent à l’ensemble de l’œuvre de Lange”, écrit Emily Mendel dans The Oaklandside.

Les archives numériques vont probablement s’étendre dans les années à venir, car le processus de numérisation – financé par une subvention de la Fondation Henry Luce – se poursuit et permettra de rendre accessible quelque “40’000 négatifs et 6’000 tirages.
L’archive-exposition en ligne divise le travail de Lange en quatre sections :

  • La dépression,
  • La Seconde Guerre mondiale à la maison,
  • Les projets d’après-guerre,
  • Les premiers travaux/le travail personnel


Turlock, California. Families of Japanese ancestry arrive at Turlock Assembly Center.
Turlock, CA, May 2, 1942. Lien : https://dorothealange.museumca.org/image/turlock-california-families-of-japanese-ancestry-arrive-at-turlock-assembly-center/A82.83.5/

Dans la deuxième catégorie “La Seconde Guerre mondiale à la maison”, se trouvent les photographies de Lange des camps d’internement japonais, inédites jusqu’à une période relativement récente. “Quand elle a finalement donné ces photos à l’armée qui l’a engagée”, note Gordon, “ils l’ont renvoyée et ont confisqué les photos”.

“Elle a utilisé la photographie”, dit O’Toole, “comme un outil pour découvrir les injustices, la discrimination, pour attirer l’attention sur la pauvreté, la destruction de l’environnement, l’immigration…. Les manifestations qui ont lieu aujourd’hui seraient quelque chose qu’elle photographierait dans les rues”.

Les archives de Dorothea Lange : https://dorothealange.museumca.org/

Source de l’information : https://www.openculture.com/2020/10/the-dorothea-lange-digital-archive.html


  1. À partir de 1934, les États des Grandes Plaines ont été frappés par une grave sécheresse, provoquant l’érosion des sols et créant une série de tempêtes de poussière massives. Combiné à la crise financière de la Grande Dépression, le Dust Bowl a déraciné des milliers de petits agriculteurs, dont beaucoup sont partis vers l’ouest à la recherche d’une vie meilleure. Dorothea Lange et son mari Paul Taylor, un spécialiste en sciences sociales de l’Université de Berkeley, ont été engagés par l’État de Californie pour documenter la situation critique de ces réfugiés du Dust Bowl. Ensemble, ils ont pris la route avec un appareil photo et un ordinateur portable. Les photos que Lange a prises ont rapidement attiré l’attention du gouvernement fédéral, qui était en train de créer une nouvelle agence, la Farm Security Administration (FSA). La FSA était l’un des programmes du New Deal du président Roosevelt visant à apporter une aide aux réfugiés migrants. Lange a travaillé de temps à autre pour la FSA pendant plusieurs années, produisant certains de ses travaux les plus connus. ↩︎

Stackedit.io : un éditeur Markdown avec votre navigateur

Stackedit.io vous offre la possibilité de rédiger des documents au format Markdown à l’aide de votre navigateur que vous soyez connecté ou non (les fichiers sont sauvegardés sur votre ordinateur). C’est plutôt malin.

Les jetons d’accès émis par Google, Dropbox, GitHub… sont stockés dans votre navigateur et ne sont pas envoyés à un quelconque backend ou à une tierce partie, de sorte que personne n’a accès à vos données.

SackEdit vous permet aussi d’organiser vos fichiers au sein de dossiers. Il devient ainsi l’équivalent d’un bloc-notes personnalisé.

Vous pouvez gérer plusieurs espaces de travail et les synchoniser. Par exemple, l’un pourra être sur Google Drive et l’autre sur Github. En utilisant Github, vous pouvez ainsi synchroniser vos fichiers entre différents ordinateurs et vous disposez également d’une sauvegarde.

Mais le partage d’espace, grâce au mécanisme de synchronisation, permet un travail collaboratif. Si deux collaborateurs travaillent en même temps sur le même fichier, StackEdit se charge de fusionner les modifications. En plus, vous pouvez publier/sauvegarder vos fichiers sur Github, Google Drive ou Dropbox notamment.

En plus, il est églement possible de lier Stackedit.io avec votre compte WordPress ou Blogger et rédigez vos billets de blogs en mardown avant de les publier sur votre blog.

Autrement, on retrouve les fonctionnalités de base de tout éditeur Markdown.

Lien : https://stackedit.io

La vigne au fil des jours

Depuis 6 semaines, les journées sont entrecoupées de sorties dans les environs.

Campagne et vignes sont au rendez-vous. Le temps est superbe à tel point que la sécheresse s’installe. Les travaux de la vigne continuent alors que nous déambulons jour après jour.

C’est aussi l’occasion de prendre des photos lors des différentes sorties. L’oeil s’attache à l’ensemble, puis au détail ou aux travaux des ouvriers tâcherons.

Lundi 20 avril : regard sur les montagne

En ce premier jour de la semaine, mon regard porte sur le paysage des montagnes avoisinantes. Le mur de vigne sert à fixer mon premier plan, la vigne, puis les montagnes forment les plans suivants.

Depuis la vigne, les montagnes. La Tour-de-Peilz (20.04.2020) #Hipstamatic #Jane #Inas1982 #TripleCrown

Jeudi 23 avril : travail dans la vigne

Au détour d’un virage, abordé évidemment très prudemment à pied, je découvre en contrebas, les ouvriers tâcherons en plein travail. Le soleil tape et le chapeau ou la casquette sont de rigueur.

Le travail de la vigne. La Tour-de-Peilz (23.04.2020) #Hipstamatic #Jane #Inas1982

Depuis que je passe sur ce chemin, j’ai toujours un moment d’arrêt sur cette maison de vigne. J’aime bien ces petites cahutes, même s’il celle-ci mériterait d’être un peu mieux entretenue. Ce jeudi-là, il est temps de l’immortaliser. Le ciel est si bleu.

Maison de vigne. La Tour-de-Peilz (23.04.2020) #Hipstamatic #Jane #Inas1982

Même si ces sorties sont agréables, le temps devient long, trop immobile pour être encore longtemps soutenable. Le manque d’action et d’espace pèsent chaque jour un peu plus.

Génération clavier (27.04.2020)

Depuis quelques semaines, j’ai retrouvé mes sensations de frappe au clavier. Le plaisir de laisser courir son inspiration et ses doigts sur le clavier. La raison ? Le nouveau clavier des Macbook Air (modèle 2020). Une légère modification des claviers papillon et me voilà avec une toute nouvelle (ou plutôt un retour à d’anciennes) expérience de frappe au clavier.

C’est assez fou quand on y pense. Lorsqu’Apple a sorti son clavier papillon, il devait être à la pointe de la technologie. L’ancien clavier des Macbooks (et notamment des Macbooks Air) fonctionnait parfaitement bien depuis des années. Fiable et précis notamment.

Mais voilà, il fallait certainement gagner quelques millimètres d’épaisseur à l’ensemble. Ou peut-être le rendre plus économique. Que sais-je ?

Donc, une brochette d’ingénieurs a dû passer des heures en recherches & développements et en prototypes pour concevoir forcément une nouvelle merveille pour l’utilisateur.

Et puis non. Non seulement le confort de frappe en a été altéré, mais la fiabilité du clavier s’en est trouvée altérée. Largement.

Apple a d’abord nié, puis affirmé avoir améliorer sa fiabilité. Foutaise.

Une nouvelle brochette d’ingénieurs, ou la même, a finalement dû reprendre le travail et remettre l’ouvrage sur le métier. Certainement que de nouveaux prototypes ont été conçus. Et une version vraiment modifiée et améliorée nous est maintenant mise à disposition. Enfin.

Et ça change donc tout. Et ce n’est pas rien dans la période actuelle, car indubitablement l’heure est, pour moi, au retour de l’ordinateur dans mon univers de travail.

Indubitablement, j’appartiens à la génération “clavier”.

Celle qui a suivi des cours de dactylographie durant sa scolarité sur des machines à écrire manuelles.

Celle qui a pesté lorsqu’elle faisait des fautes de frappe et qu’il fallait tout recommencer.

Celle qui a trouvé que les machines à écrire IBM à boule étaient une avancée technologique incroyable. De même que le typex.

Et celle qui a eu la révélation de l’ordinateur avec cette possibilité incroyable de pouvoir corriger son texte après la frappe et sans avoir besoin de tout recommencer. Une bénédiction.

Celle qui a vu les progrès incroyables des corrections automatiques. D’abord avec les correcteurs orthographiques, puis grammaticaux, de plus en plus performants. Puis avec les système de frappe prédictives, eux aussi de plus en plus performants. Même si, souvent, la correction prédictive nous agace.

Depuis l’université, l’ordinateur et son clavier n’ont cessé de m’accompagner, m’ont permis de mener mes études et même m’ont fait grandir. Le clavier est devenu une extension de moi-même pour traduire mes pensées en mots et parfois, les faire danser devant mes yeux et sur ma “page”.

Crédit photo : Photo de Glenn Carstens-Peters sur Unsplash