Écris, écris… et relis Dino Buzzati

Cela faisait longtemps que je n’avais pas ressenti le besoin d’écrire, quasiment au quotidien, de manière libre sur tout et rien. Ecris, écris me souffle aussi Dino Buzzati. Et je le relis.

Crédit image : Pexels sur Pixabay

La dernière fois, c’était lorsque ma mère était en fin de vie. L’écriture me permettait d’atténuer ou d’exprimer ma douleur et mes désarrois. C’était il y a 16 ans. Déjà (pour rester poli).

Actuellement, certainement que la situation d’un relatif enfermement explique ce besoin. Vital. A nouveau.

Dans ces moments-là, je repense à Dino Buzzati qui s’efforçait à écrire tous les jours. Quitte à implorer son carnet d’écrire ne serait-ce que deux lignes.

Sur le moment, je repense plus particulièrement à son carnet “En ce moment précis”. Je redescends donc à ma cache au trésor livresque. Puis je m’aperçois que le court texte auquel je pense est dans “Nous sommes au regret de…” (p. 132). Le voilà, cher lecteur, ramené à pleine lumière :

Le salut

Ecris, je t’en prie. Deux lignes seulement, au moins cela, même si ton esprit est bouleversé et si tes nerfs ne tiennent plus. Mais chaque jour. En serrant les dents, peut-être des idioties dépourvues de sens, mais écris. L’écriture est une de nos illusions les plus ridicules et pathétiques. Nous croyons faire une chose importante lorsque nous traçons des lignes noires qui sur le papier blanc se contorsionnent. De toute façon, c’est là ton métier, que tu n’as pas choisi toi-même, qui t’a été attribué par le sort, c’est la seule porte par laquelle, éventuellement, tu pourras t’échapper. Ecris, écris. A la fin, parmi les tonnes de papiers à jeter, une ligne pourra être sauvée. (Peut-être).

Actuellement, au silence de la nuit s’est ajouté un certain silence de jour. Tout cela favorise des formes d’introspection.

Sûrement aussi qu’écrire témoigne d’être vivant et au monde.

Ne serait-ce qu’au travers d’un écran.

Il y a longtemps, me concernant, que le papier a laissé la place à l’écriture numérique. Cependant, lorsque je suis en route ou en voyage, j’emporte toujours un carnet papier comme carnet de bord. Et je trouve cela bien. Et alors je griffonne, maladroitement, mais je griffonne et je sens alors bien. Libre et vivant.

Dino Buzzati (1982). Nous sommes au regret de… Paris: Robert Laffont, 224 p.. Traduction de Siamo Spiacenti di (1975)

Destination : Bevaix (site clunisien) – 08.04.2021

Dans le contexte actuel limitant nos déplacements, je vais entreprendre plusieurs séries de périples en Suisse et à moto relativement à des lieux emblématiques d’histoire en Suisse. Ces périples donneront lieu à des reportages photos. Une de ces séries sera consacrée à des sites clunisiens reconnus en Suisse1. Ma première destination dans cette série a été, le jeudi 8 avril, pour le site du Prieuré Saint-Pierre de Bevaix (NE). Moteur !
Avant de présenter le site du Prieuré Saint-Pierre de Bevaix (NE), quelques indications « techniques » relativement à ces reportages et à cette série sur les sites clunisiens reconnus en Suisse.
Pour ces reportages, j’allie le principe de mes roadbooks à moto. Les photos seront réalisées avec mon Pentax K-1 et principalement sur trépied.

L'équipage du jour avec le matériel photo à l'arrière.
L’équipage du jour avec le matériel photo à l’arrière.

Pour l’identification des sites clunisiens reconnus et les informations les concernant, je me base principalement sur deux sites forts utiles :
– Les chemins de Cluny en Suisse : https://viacluny.ch/les-chemins-de-cluny-en-suisse/
– L’encyclopedie numerique de Cluny et des sites clunisiens : http://www.clunypedia.com/


Sur la carte ci-dessus, vous pouvez identifié la localisation du Prieuré et des vignes afférentes en bas à droite en rouge. Au centre du village (11), vous disposez également de la localisation du Temple, réutilisant des éléments de l’ancien prieuré.

Ancien Prieuré de Bevaix

Concernant le Prieuré Saint-Pierre de Bevaix (NE), celui-ci trouve son origine en 998, lorsque Rodolphe – peut-être avoué à la cour de Bourgogne – donne à Cluny une petite église avec un ensemble de terres, près de Neuchâtel, le long de la rive nord du lac du même nom.


Le prieuré est solidement doté : dix domaines agricoles et quarante serfs avec leurs familles. Vers 1120, il est placé sous la dépendance du prieuré de Romainmôtier, à 42 km de là. Il mène aux XIIe et XIIIe s. une existence modeste tournée vers l’administration de ses domaines. L’église prieurale, reconstruite à la fin du XIIe s., est séparée par un mur intérieur : aux moines le chœur et aux paroissiens la nef. Mais à partir du siècle suivant, le prieuré n’abrite plus qu’un seul moine, voire aucun. Le 22 avril 1531, avec la Réforme, le prieur perd son pouvoir d’administration ; le 30 avril, il est remplacé par un laïc. Le prieuré est sécularisé. Ses revenus forment désormais la seigneurie de Bevaix.

L’ensemble prieural de Bevaix fut démantelé au cours du XVIIe s. et son église remplacée par une grange. Ne comportant plus que quelques pans de mur des bâtiments originels, il est aujourd’hui propriété du Conseil d’Etat neuchâtelois (gouvernement cantonal), lieu de réceptions occasionnel.

Le prieuré lui-même est démantelé à la demande des paroissiens au profit d’un temple dans le village lui-même. Ce temple réutilise de nombreux éléments de l’ancien prieuré. Le temple est situé au centre du village et au bord (vraiment) de la route cantonale.

La fiche complète (clunypedia) sur le site du Prieuré Saint-Pierre de Bevaix : http://www.clunypedia.com/sites/suisse/bevaix

Le roadbook : La Tour-de-Peilz – Forel – Mézières – Peney-le-Jorat – Ependes – Mathod – Vuiteboeuf – Sainte-Croix – Fleurier – Couvet – Bevaix – Neuchâtel – Avenches – Grolley – Romont – Semsales – La Tour-de-Peilz

La quatrième saison de The Crown – Au-delà du service public

Comment expliquer la polémique autour de la dernière saison de The Crown ? Pourquoi chercher à distinguer le faux du vrai alors que toute fiction audiovisuelle à univers historique consiste à réécrire l’histoire en des termes (un langage, une esthétique, une mise scène) qui lui sont propres ? Pourquoi faire, dans ce cas précis, le procès de la fictionnalisation de l’histoire ?

Affiche Netflix de la saison 4 de The Crown (2020)

Par Mireille Berton, Section d’histoire et esthétique du cinéma de l’Université de Lausanne, décembre 2020. Extrait.

« au lieu de se demander si la série trahit la « vérité » historique (en soit inatteignable dans l’absolu), il conviendrait de se demander pourquoi l’équipe de production choisit de reproduire cette version de l’histoire où Lady Di est dépeinte comme la victime expiatoire de la famille royale qui l’aurait instrumentalisée à son profit. Cette question me paraît en effet plus pertinente que de se demander si elle lègue une vision déformée de l’histoire récente aux jeunes générations (on devrait plutôt se soucier que celles-ci connaissent l’histoire de la Seconde Guerre mondiale ou de la colonisation… ). »
A retenir plus particulièrement sur la fiction historique et l’enseignement de l’histoire :
« Comme l’observe à juste titre Ioanis Deroide, le but des fictions historiques n’est pas de reproduire parfaitement un fait historique avéré, mais d’être convaincantes visuellement, de manière à entraîner une immersion « sensorielle » dans l’histoire ; et c’est à ce titre qu’elles proposent une histoire complémentaire aux manuels scolaires et aux ouvrages académiques. »

A méditer donc pour les enseignant relativement à l’usage de ces matériaux en classe d’histoire et de l’enquête à mener à leur sujet par les élèves.

En effet, pour Mireille Berton, The Crown, saison 4 implique

« la nécessité de s’interroger non pas sur les écarts pris par la fiction vis-à-vis de la « réalité » historique, mais sur les raisons qui motivent ces écarts, en ce qu’ils questionnent la manière de mettre en récit, en scène et en image l’histoire. »

A lire : La quatrième saison de The Crown – Au-delà du service public

Les archives numériques de Dorothea Lange : plus de 600 photographies (plus des négatifs, des planches de contact et plus encore)

À partir du début des années 1930, l’Amérique a connu une crise économique qui a duré près d’une décennie : la Grande Dépression. Jusqu’alors, Dorothea Lange avait été une photographe portraitiste à succès. Mais les événements de l’époque l’ont incitée à quitter la sécurité de son studio pour créer des images puissantes de personnes en crise – réfugiés du “dust bowl”1, travailleurs migrants et sans-abri urbains. Par ses photographies, Lange espérait sensibiliser les gens à leur souffrance et à la nécessité d’une aide gouvernementale.

Peu avant sa mort en 1965, l’une des plus célèbres photographes du New Deal, Dorothea Lange, s’est exprimée à l’université de Berkeley. “Quelqu’un m’a montré des photos de travailleurs agricoles migrants qu’ils venaient de prendre”, a-t-elle déclaré. “Elles ressemblent à ce que j’ai fait dans les années 30.”


Migrant Mother, Nipomo, California
Nipomo, 1936. Lien: https://dorothealange.museumca.org/image/migrant-mother-nipomo-california-5/A78.124.102a/

Nous pouvons voir les mêmes conditions que celles que Dorothea Lange a documentées près de 60 ans plus tard, de la pauvreté de la dépression à l’internement et à la diabolisation des immigrants. Seuls les vêtements et l’architecture ont changé. Son travail ne pourrait pas être plus pertinent par rapport à ce qui se passe aujourd’hui”, déclare Linda Gordon, biographe de Lange.
La pauvreté et l’inégalité sont les grands thèmes de Lange qui croyait au pouvoir de la photographie pour faire changer les choses pour Erin O’Toole, conservateur associé de la photographie au Musée d’art moderne de San Francisco.


Saturday afternoon in summer on an Arkansas delta plantation
Arkansas, 1938. Lien : https://dorothealange.museumca.org/image/saturday-afternoon-in-summer-on-an-arkansas-delta-plantation/A67.137.38223.1/

Aujourd’hui, plus de 600 scans haute résolution sont disponibles en ligne dans la nouvelle archive numérique Dorothea Lange de l’Oakland Museum of California (OMCA), qui “contient également des planches de contact, des négatifs de films et des liens relatifs aux matériaux comme ressources supplémentaires pour les nombreux conservateurs, universitaires et grand public qui accèdent à l’ensemble de l’œuvre de Lange”, écrit Emily Mendel dans The Oaklandside.

Les archives numériques vont probablement s’étendre dans les années à venir, car le processus de numérisation – financé par une subvention de la Fondation Henry Luce – se poursuit et permettra de rendre accessible quelque “40’000 négatifs et 6’000 tirages.
L’archive-exposition en ligne divise le travail de Lange en quatre sections :

  • La dépression,
  • La Seconde Guerre mondiale à la maison,
  • Les projets d’après-guerre,
  • Les premiers travaux/le travail personnel


Turlock, California. Families of Japanese ancestry arrive at Turlock Assembly Center.
Turlock, CA, May 2, 1942. Lien : https://dorothealange.museumca.org/image/turlock-california-families-of-japanese-ancestry-arrive-at-turlock-assembly-center/A82.83.5/

Dans la deuxième catégorie “La Seconde Guerre mondiale à la maison”, se trouvent les photographies de Lange des camps d’internement japonais, inédites jusqu’à une période relativement récente. “Quand elle a finalement donné ces photos à l’armée qui l’a engagée”, note Gordon, “ils l’ont renvoyée et ont confisqué les photos”.

“Elle a utilisé la photographie”, dit O’Toole, “comme un outil pour découvrir les injustices, la discrimination, pour attirer l’attention sur la pauvreté, la destruction de l’environnement, l’immigration…. Les manifestations qui ont lieu aujourd’hui seraient quelque chose qu’elle photographierait dans les rues”.

Les archives de Dorothea Lange : https://dorothealange.museumca.org/

Source de l’information : https://www.openculture.com/2020/10/the-dorothea-lange-digital-archive.html


  1. À partir de 1934, les États des Grandes Plaines ont été frappés par une grave sécheresse, provoquant l’érosion des sols et créant une série de tempêtes de poussière massives. Combiné à la crise financière de la Grande Dépression, le Dust Bowl a déraciné des milliers de petits agriculteurs, dont beaucoup sont partis vers l’ouest à la recherche d’une vie meilleure. Dorothea Lange et son mari Paul Taylor, un spécialiste en sciences sociales de l’Université de Berkeley, ont été engagés par l’État de Californie pour documenter la situation critique de ces réfugiés du Dust Bowl. Ensemble, ils ont pris la route avec un appareil photo et un ordinateur portable. Les photos que Lange a prises ont rapidement attiré l’attention du gouvernement fédéral, qui était en train de créer une nouvelle agence, la Farm Security Administration (FSA). La FSA était l’un des programmes du New Deal du président Roosevelt visant à apporter une aide aux réfugiés migrants. Lange a travaillé de temps à autre pour la FSA pendant plusieurs années, produisant certains de ses travaux les plus connus. ↩︎

Panne de Google: un seul être vous manque, et tout est dépeuplé

La panne de Google a duré moins d’une heure ce lundi mais a touché des centaines de millions d’utilisateurs, dont d’innombrables entreprises, hôpitaux et écoles compris. Cette dépendance est-elle bien raisonnable, se demande la presse…

«Des gens se sont retrouvés dans le noir, dans l’impossibilité d’allumer leurs lumières contrôlées par Google Home. Dans mes deux dernières réunions, je n’ai pas pu utiliser mes diapos prévues, car elles étaient stockées dans Google Slides. Notre dépendance à la technologie est devenue immense, mais la fiabilité, le contrôle et la qualité n’ont pas suivi. De nombreuses compagnies vont revoir leurs accords avec Google et réaliser que leur business dépend d’un empilement extérieur qui leur échappe complètement.» C’est dans The Guardian que s’exprime la frustration d’un représentant de l’entreprise de contrôle de logiciels financiers BCS, touché comme des centaines de millions d’utilisateurs de Google ce lundi midi par la panne soudaine de ses services, pendant un peu moins d’une heure.

Une panne mondiale qui a affecté la grande majorité des services de Google, le moteur de recherche en ligne n’étant, lui, pas affecté. «Les haut-parleurs intelligents, les détecteurs de fumée ou les thermostats ne pouvaient plus être contrôlés et sont passés en mode fail-safe», rassure cependant le Guardian, mais les utilisateurs n’avaient plus accès aux paramètres.

En ces temps de télétravail intensifié, et où les écrans remplacent de plus en plus le reste de la vie sociale dans les pays affectés par la pandémie, la panne de Google fait se dresser les cheveux sur la tête de beaucoup. Est-ce bien raisonnable, vraiment?

Source : Panne de Google: un seul être vous manque, et tout est dépeuplé – Le Temps

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Stackedit.io : un éditeur Markdown avec votre navigateur

Stackedit.io vous offre la possibilité de rédiger des documents au format Markdown à l’aide de votre navigateur que vous soyez connecté ou non (les fichiers sont sauvegardés sur votre ordinateur). C’est plutôt malin.

Les jetons d’accès émis par Google, Dropbox, GitHub… sont stockés dans votre navigateur et ne sont pas envoyés à un quelconque backend ou à une tierce partie, de sorte que personne n’a accès à vos données.

SackEdit vous permet aussi d’organiser vos fichiers au sein de dossiers. Il devient ainsi l’équivalent d’un bloc-notes personnalisé.

Vous pouvez gérer plusieurs espaces de travail et les synchoniser. Par exemple, l’un pourra être sur Google Drive et l’autre sur Github. En utilisant Github, vous pouvez ainsi synchroniser vos fichiers entre différents ordinateurs et vous disposez également d’une sauvegarde.

Mais le partage d’espace, grâce au mécanisme de synchronisation, permet un travail collaboratif. Si deux collaborateurs travaillent en même temps sur le même fichier, StackEdit se charge de fusionner les modifications. En plus, vous pouvez publier/sauvegarder vos fichiers sur Github, Google Drive ou Dropbox notamment.

En plus, il est églement possible de lier Stackedit.io avec votre compte WordPress ou Blogger et rédigez vos billets de blogs en mardown avant de les publier sur votre blog.

Autrement, on retrouve les fonctionnalités de base de tout éditeur Markdown.

Lien : https://stackedit.io